Si vous pensiez que le chocolat noir était l’allié parfait de votre santé, une réalité moins douce se cache parfois dans les fèves de cacao : le cadmium. Ce métal lourd, naturellement présent dans certains sols, peut contaminer les plantations de cacao – et finir dans nos tablettes. Quels sont les risques ? D’où vient ce contaminant ? Et surtout, comment mieux protéger les consommateurs sans pénaliser les producteurs ? On vous explique.
Pourquoi trouve-t-on du cadmium dans le cacao ?
Le cadmium est un métal naturellement présent dans les sols, surtout dans certaines régions volcaniques ou alluviales d’Amérique latine comme le Pérou, la Colombie ou l’Équateur. C’est là que poussent nombre de cacaoyers, y compris en agriculture biologique et équitable. Le paradoxe ? Ce cacao réputé pour sa qualité et sa durabilité est aussi plus exposé à une contamination naturelle en cadmium.
D’autres facteurs peuvent accentuer cette accumulation : l’acidité du sol, certains engrais phosphatés riches en cadmium, ou même la variété du cacao (le Forastero en absorbe plus que le Criollo ou le Trinitario). Résultat : certaines fèves, pourtant cultivées de façon vertueuse, dépassent les seuils européens autorisés.
Quels sont les risques pour la santé ?
Même à faible dose, le cadmium s’accumule dans l’organisme au fil du temps. Il peut nuire aux reins, fragiliser les os et a été classé comme cancérogène avéré. Les enfants sont les plus vulnérables : leur petit gabarit les expose plus fortement, et leur consommation de chocolat est souvent régulière. Une tablette de chocolat noir riche en cacao peut parfois contenir jusqu’à neuf fois la dose journalière tolérable pour un jeune enfant.
Ce que dit la loi
Depuis 2019, l’Union européenne fixe des seuils précis de cadmium dans les produits chocolatés. Par exemple, un chocolat au lait ne doit pas dépasser 0,10 mg/kg, tandis qu’un chocolat noir à fort pourcentage de cacao peut aller jusqu’à 0,80 mg/kg. Ces limites strictes visent à protéger les consommateurs tout en laissant une marge de manœuvre aux producteurs.
Pour s’y conformer, les industriels testent les fèves, trient les lots et parfois mélangent plusieurs origines pour diluer la teneur finale en cadmium. Mais cela a un coût, et certaines origines – notamment d’Amérique latine – voient leurs fèves refusées ou déclassées, impactant directement les revenus des petits producteurs.
Quelles solutions existent ?
Face à ce défi, plusieurs approches sont testées :
Bonnes pratiques agricoles : améliorer le pH des sols, éviter certains engrais, diversifier les cultures… autant d’actions qui réduisent l’absorption du cadmium par les cacaoyers.
Sélection variétale : privilégier des variétés de cacao qui absorbent moins de cadmium, voire créer des hybrides plus résistants.
Tri et assemblage : mélanger des fèves issues de parcelles moins contaminées pour abaisser la teneur globale.
Certifications renforcées : certaines coopératives ajoutent des tests au cadmium à leur cahier des charges qualité.
Ce que propose Anopa : tracer l’origine pour éviter les zones à risque
Chez Anopa, nous pensons qu’une traçabilité scientifique peut faire la différence. Grâce à l’analyse isotopique, il est possible de déterminer précisément l’origine géographique d’un lot de cacao, indépendamment des documents ou déclarations des fournisseurs.
Pourquoi est-ce utile ? Parce que certaines régions sont connues pour leurs sols naturellement riches en cadmium. En identifiant l’origine réelle des fèves, les chocolatiers peuvent anticiper les risques et adapter leur sourcing. C’est une garantie supplémentaire pour les consommateurs… et une opportunité pour les producteurs de valoriser un cacao propre, traçable, sûr.
L’analyse isotopique ne remplace pas les certifications. Elle les complète, en apportant une preuve scientifique robuste. Avec Anopa, c’est la science qui vient renforcer la confiance, de la plantation à la tablette.
Sources : UFC-Que Choisir ; Anses ; Règlement (UE) 488/2014 ; Safer Phosphates ; Alliance Bioversity International/CIAT ; Organisation internationale du cacao ; CGIAR ; IICA ; Made in Perpignan (2025).
